top of page

Réceptivité à l’hypnose, transe, don : qu’en est-il vraiment ?

5 oct.
11 min de lecture


« Oui, j’ai déjà fait de l’hypnose, mais ça n’a pas marché parce qu’on m’a dit que je n’étais pas réceptif. »


« Ah oui, mais moi de toute façon, vous inquiétez pas,

je suis très réceptif et puis j’y crois. »


« L'hypnose est un don»


Ces trois phrases, assez différentes en apparence, reposent pourtant sur une même représentation de l’hypnose : celle d’une personne qui serait plus ou moins « réceptive » à une pratique que l’on pourrait subir ou réussir selon certaines dispositions personnelles.

L’hypnose a en effet conservé une dimension un peu mystérieuse. On parle encore parfois de « don », comme si certains hypnotiseurs possédaient naturellement une capacité particulière leur permettant de mettre les autres sous hypnose. On entend également régulièrement l’expression « sous hypnose », parfois même « sous l’influence de l’hypnose », comme si la personne hypnotisée se retrouvait placée dans un état où elle ne maîtriserait plus réellement ce qui lui arrive.


La réalité est beaucoup plus nuancée. L’hypnose fait aujourd’hui l’objet de recherches en psychologie, en neurosciences et en médecine. Ces recherches ont permis d’observer des modifications mesurables de l’activité cérébrale et du fonctionnement cognitif pendant certaines expériences hypnotiques. Elles ont également montré que les personnes ne répondent pas toutes de la même manière aux suggestions hypnotiques.


Mais cela ne signifie pas qu’il existe simplement deux catégories de personnes : celles qui sont « réceptives » et celles qui ne le sont pas.


Alors, qu’est-ce que signifie réellement être réceptif à l’hypnose ?



L’hypnose n’est pas un don

Avant de parler de réceptivité, il faut revenir à ce que nous savons réellement de l’hypnose.

Les recherches en neuro-imagerie montrent que l’hypnose s’accompagne de modifications de l’activité et de la connectivité de plusieurs réseaux cérébraux. Il ne s’agit pas d’une seule « zone de l’hypnose » située quelque part dans le cerveau. Les phénomènes observés impliquent notamment des régions participant à l’attention, au contrôle cognitif, au traitement des informations corporelles et émotionnelles et aux processus liés à la représentation de soi. (⁠PubMed)


Parmi les structures et réseaux étudiés, on retrouve notamment :

  • le cortex préfrontal dorsolatéral, impliqué entre autres dans certaines fonctions de contrôle cognitif et d’attention ;

  • le cortex cingulaire antérieur, qui participe notamment à la régulation de l’attention, au traitement de la saillance et à différents processus de contrôle ;

  • l’insula, notamment impliquée dans le traitement des sensations corporelles et de certaines informations émotionnelles ;

  • le réseau de saillance, qui contribue à sélectionner certaines informations comme particulièrement pertinentes ;

  • le réseau du mode par défaut, associé à différents processus de pensée interne et de représentation de soi ;

  • certaines régions visuelles, notamment le gyrus lingual, dont l’activité a été associée à certains phénomènes d’imagerie mentale sous hypnose. (⁠PubMed)


Dans certaines expériences portant par exemple sur la douleur ou la peur, des modifications ont également été observées dans des régions telles que l’amygdale, l’hippocampe, l’insula et le cortex cingulaire antérieur. Il faut toutefois être précis : cela ne signifie pas que l’hypnose « désactive l’amygdale » de manière générale. Les modifications observées dépendent du phénomène étudié, de la suggestion utilisée et du contexte expérimental. (⁠PubMed Central (PMC))


C’est justement ce qui rend le sujet intéressant. L’hypnose n’est pas un interrupteur que l’on allume dans une partie du cerveau. Les recherches montrent plutôt une modification de la manière dont différents systèmes cérébraux fonctionnent et communiquent entre eux.


Et nous sommes encore loin d’avoir une explication complète de ces mécanismes. Les différentes théories scientifiques de l’hypnose ne s’accordent d’ailleurs pas encore sur un mécanisme unique permettant d’expliquer l’ensemble des phénomènes observés. (⁠PubMed)


Cette prudence est importante. Nous savons de mieux en mieux observer ce qui se passe pendant l’hypnose, mais nous ne pouvons pas encore prétendre avoir définitivement expliqué ce qu’est l’hypnose dans son ensemble.



Une expérience qui n’a rien d’extraordinaire pour notre cerveau

L’hypnose peut sembler inhabituelle lorsqu’elle est pratiquée avec un thérapeute. Vous êtes assis dans un fauteuil, vous écoutez une personne vous guider, vous portez votre attention sur certaines sensations, certaines images ou certaines pensées.

Dans ce sens, l’hétéro-hypnose, c’est-à-dire l’hypnose pratiquée avec l’accompagnement d’une autre personne, peut effectivement être qualifiée d’« extraordinaire » si l’on prend le mot dans son sens le plus simple : elle sort de l’ordinaire.

La plupart d’entre nous ne consacrent pas régulièrement plusieurs dizaines de minutes à cette expérience.


Mais cela ne signifie pas que les phénomènes mobilisés par l’hypnose soient étrangers au fonctionnement humain.

Nous pouvons tous connaître des moments d’absorption importante dans une activité. Un film peut retenir toute notre attention au point que nous remarquons à peine ce qui se passe autour de nous. La lecture peut produire le même phénomène. Une musique peut nous faire perdre momentanément la notion du temps. Certaines activités répétitives deviennent suffisamment automatiques pour que nous portions beaucoup moins consciemment notre attention à chacune des étapes qui les composent.

La recherche sur l’hypnose s’intéresse d’ailleurs à cette capacité d’absorption et à son rapport avec certains phénomènes hypnotiques. Des travaux expérimentaux ont notamment étudié l’implication dans des activités comme la lecture, l’écoute musicale ou le visionnage d’un film. (⁠PubMed)


Il serait toutefois excessif d’affirmer que chaque fois que nous « sommes dans nos pensées », nous sommes nécessairement en hypnose. Les états d’absorption de la vie quotidienne et l’hypnose se recouvrent sur certains aspects, mais ils ne sont pas simplement synonymes.


L’idée importante est ailleurs : l’hypnose utilise des capacités humaines parfaitement ordinaires, notamment l’attention, l’imagination, l’absorption et la réponse aux suggestions. Elle ne nécessite donc pas de posséder un « don » particulier pour accéder à une expérience hypnotique.



Pourquoi parle-t-on alors de « transe » ?

Le mot « transe » contribue lui aussi à entretenir une certaine confusion.

Son histoire est ancienne. Le terme français est lié au verbe « transir » et remonte au latin transire, qui signifie notamment « passer », « traverser » ou « aller au-delà ». Le mot a ensuite connu plusieurs évolutions de sens, notamment autour de l’idée de passage ou d’état particulier.


Dans le langage de l’hypnose, parler de « transe » revient donc à désigner une expérience particulière de conscience et d’attention. Il ne s’agit pas nécessairement d’un état dans lequel la personne serait inconsciente ou déconnectée du monde.


C’est une distinction essentielle, car l’image populaire de la transe est souvent beaucoup plus spectaculaire que ce que vivent réellement les personnes en consultation.

Certaines personnes peuvent ressentir une profonde absorption, une modification de leurs sensations corporelles ou une impression que certaines réponses apparaissent spontanément. D’autres peuvent rester très conscientes de la voix du thérapeute, entendre les bruits autour d’elles et avoir l’impression de simplement réfléchir différemment. Ces expériences peuvent pourtant toutes deux correspondre à une séance d’hypnose.



Pourquoi certaines personnes ont-elles l’impression de « partir » et d’autres non ?

C’est probablement ici que la notion de « réceptivité » devient la plus trompeuse.

Il existe bien des différences individuelles dans la manière dont les personnes répondent aux suggestions hypnotiques. C’est un résultat solidement établi de plusieurs décennies de recherche. Les études utilisent notamment des échelles standardisées de suggestibilité hypnotique pour mesurer ces différences. (⁠PubMed)


Mais cette différence ne correspond pas simplement à une capacité générale à « entrer en transe ». Une personne peut répondre très fortement à certaines suggestions et beaucoup moins à d’autres. Deux personnes ayant un score comparable à une échelle de suggestibilité peuvent également vivre leur expérience de manière différente. Les recherches récentes soulignent d’ailleurs l’hétérogénéité importante des personnes très suggestibles elles-mêmes. (⁠PubMed)


Cela permet de comprendre pourquoi deux personnes peuvent sortir d’une même séance avec des impressions complètement différentes.

L’une pourra dire : « J’avais l’impression d’être très loin, je n’entendais presque plus rien. »

L’autre pourra répondre : « J’ai tout entendu et j’étais parfaitement conscient de ce qui se passait. »


Cela ne permet pas de conclure que la première a mieux « fait » son hypnose que la seconde. L’expérience subjective et la réponse à une suggestion sont deux choses qu’il faut distinguer.



Une amnésie ne signifie pas qu’une séance a mieux fonctionné

Cette distinction est particulièrement importante lorsqu’on parle d’amnésie.

Certaines personnes peuvent avoir des difficultés à se rappeler une partie de ce qui s’est passé pendant une séance ou peuvent rapporter une impression de « trou » dans leurs souvenirs. L’amnésie hypnotique est un phénomène étudié expérimentalement.

Mais il n’existe aucune raison de considérer automatiquement cette expérience comme le signe d’une séance plus profonde ou plus efficace.


Une personne peut se souvenir de pratiquement toute sa séance et néanmoins répondre de manière pertinente aux suggestions qui lui sont proposées. À l’inverse, une personne peut présenter une amnésie pour certains éléments sans que cela signifie que le travail thérapeutique ait nécessairement produit un meilleur résultat.


La mémoire et l’efficacité thérapeutique ne sont donc pas deux faces d’un même indicateur. Les recherches sur la mémoire hypnotique montrent d’ailleurs que l’amnésie post-hypnotique constitue un phénomène spécifique de récupération de l’information et ne doit pas être confondue avec une disparition générale des souvenirs. (⁠PubMed)


Autrement dit, il n’est pas nécessaire de « ne plus savoir où l’on est », de ne plus entendre le thérapeute ou de ne plus se souvenir de la séance pour que celle-ci soit utile.



Existe-t-il différents « niveaux de transe » ?

C’est une notion très courante dans certaines formations et certains discours autour de l’hypnose : transe légère, moyenne, profonde, très profonde, voire des paliers auxquels correspondraient différents phénomènes.


Le problème est que la recherche scientifique ne permet pas aujourd’hui de valider l’existence de tels niveaux comme des paliers neurobiologiques clairement délimités.

Les chercheurs peuvent mesurer différentes réponses aux suggestions, différents phénomènes subjectifs et différentes modifications de l’activité cérébrale. Certaines études trouvent également des différences associées au degré de suggestibilité ou à l’expérience subjective de l’hypnose. Mais il n’existe pas de marqueur cérébral fiable permettant de dire : « cette personne est actuellement au niveau 1 », puis « elle vient de passer au niveau 2 ». (⁠PubMed)


C’est une nuance importante: Le mot « profondeur » peut être utile pour décrire l’expérience subjective d’une personne. Une personne peut avoir l’impression d’être beaucoup plus absorbée lors d’une séance que lors d’une autre. Mais cela ne signifie pas nécessairement qu’elle est passée d’un palier neurobiologique à un autre.

Les recherches actuelles remettent justement en question l’idée d’une transe conçue comme un état radicalement distinct de la conscience ordinaire, identifiable par un marqueur unique et stable.


L’hypnose est donc probablement mieux comprise comme un ensemble de phénomènes et de modifications de l’expérience, de l’attention, de la perception et de la réponse aux suggestions que comme une succession de niveaux que l’on franchirait les uns après les autres.



Alors, pourquoi une séance peut-elle parfois ne pas fonctionner comme prévu ?

Il peut effectivement arriver qu’une séance ne se déroule pas comme on l’avait imaginé.

Cela peut arriver sans que cela signifie que la personne est « non réceptive ».

Les recherches montrent que la réponse hypnotique dépend de nombreux facteurs, parmi lesquels les caractéristiques individuelles, les attentes, la motivation, l’attitude face à l’expérience et la relation avec l’hypnotiseur. (⁠PubMed)


Il existe également une certaine variabilité d’une séance à l’autre chez une même personne. Une étude portant sur la stabilité de la suggestibilité a notamment montré que les réponses pouvaient varier entre deux évaluations et que l’engagement dans la procédure et les attentes contribuaient à cette variation. (⁠PubMed)


Cela correspond à quelque chose de finalement assez simple : nous ne sommes pas exactement la même personne dans les mêmes conditions à chaque instant.

La fatigue, les préoccupations du moment, l’envie de participer, la confiance dans le processus, la relation avec le thérapeute, la manière dont une suggestion est formulée ou encore la pertinence de la technique employée peuvent modifier l’expérience.

Il serait donc beaucoup trop simpliste de conclure : « Cette personne n’est pas réceptive à l’hypnose. »


Il est plus juste de se demander : « Comment cette personne répond-elle à cette manière particulière de travailler, dans ce contexte précis, aujourd’hui ? »

Cette différence de formulation change beaucoup de choses.



Et si je n’arrive vraiment pas à entrer dans l’hypnose ?

Dans ma propre pratique, depuis 2013, les situations dans lesquelles une personne ne parvient réellement pas à trouver une manière de travailler avec l’hypnose sont extrêmement rares, à compter sur les doigts d'une seule main.

Cela ne signifie pas que toutes les personnes présentent la même réponse hypnotique, ce serait contraire aux données scientifiques. Cela signifie plutôt que l’hypnose thérapeutique ne se résume pas à une seule induction, une seule position, une seule manière de respirer ou une seule sensation à atteindre.


Si une personne n’aime pas fermer les yeux, elle n’a pas nécessairement besoin de les fermer. Si elle n’aime pas les longues inductions, il existe d’autres manières d’utiliser l’attention et la suggestion. Si elle reste très analytique, cela ne signifie pas qu’elle est exclue de toute expérience hypnotique.


L’objectif n’est pas de réussir un examen consistant à atteindre un état particulier. L’objectif est de trouver une manière de travailler qui permette à la personne d’utiliser les processus pertinents pour le changement recherché.


C’est également pour cette raison qu’une séance qui ne se déroule pas exactement comme prévu n’est pas forcément une mauvaise séance. Une modification de l’approche peut parfois permettre de sortir d’une manière habituelle de penser ou de porter son attention, et conduire à une expérience plus adaptée à la personne présente devant nous.



« Je suis très réceptif parce que j’y crois »

La deuxième phrase de départ mérite elle aussi d’être nuancée.

Les croyances et les attentes peuvent jouer un rôle dans l’expérience hypnotique, mais dire simplement « j’y crois donc je suis très réceptif » serait trop simpliste.

Les recherches montrent que les attentes peuvent intervenir dans la réponse aux suggestions, mais leur relation avec la suggestibilité hypnotique est loin d’être parfaite. Une revue de la littérature consacrée spécifiquement à cette question rapporte notamment une corrélation très faible entre les attentes formulées avant l’induction et la suggestibilité mesurée ensuite. (⁠PubMed)


Il n’est donc pas nécessaire de croire aveuglément à l’hypnose pour pouvoir y répondre.

De la même manière, être sceptique ne signifie pas automatiquement être incapable de répondre aux suggestions.

La meilleure attitude est probablement beaucoup plus simple : être suffisamment disponible pour expérimenter ce qui est proposé, sans avoir besoin de se convaincre à l’avance que l’on va forcément vivre quelque chose d’extraordinaire.



« hypnose » ne signifie pas « sous contrôle »

Une autre idée mérite enfin d’être abandonnée : celle selon laquelle être hypnotisé reviendrait à perdre le contrôle de soi.

L’hypnose peut effectivement produire des expériences subjectives dans lesquelles certaines réponses sont vécues comme spontanées ou involontaires. C’est même l’un des phénomènes qui intéressent particulièrement les chercheurs.


Mais cela n'explique pas que le thérapeute prendrait le contrôle de la personne.

Les recherches sur les réponses hypnotiques montrent notamment que les personnes peuvent conserver une capacité d’action volontaire et que la manière dont elles vivent le caractère volontaire ou involontaire d’une réponse est elle-même un phénomène complexe. (⁠PubMed)


Le terme « sous hypnose » est donc particulièrement trompeur lorsqu’il laisse entendre une position de soumission ou d’influence absolue. Il est préférable de dire « EN hypnose».

Une séance d’hypnose n’est pas quelque chose qui arrive simplement à une personne pendant que le thérapeute ferait tout le travail à sa place.



Alors, suis-je réceptif à l’hypnose ?

Si par « réceptif » on entend : « Est-ce que toutes les personnes répondent exactement de la même manière aux suggestions hypnotiques ? », la réponse est clairement non.

Il existe des différences individuelles importantes dans la suggestibilité hypnotique. Certaines personnes répondent davantage à certaines suggestions que d’autres, et cette réponse peut également varier selon les circonstances. (⁠PubMed)


Mais si par « réceptif » on entend : « Est-ce que je dois posséder une capacité particulière pour pouvoir utiliser l’hypnose en consultation ? », la réponse est très différente.

Il n’existe pas de test simple permettant de classer définitivement une personne comme « hypnotisable » ou « non hypnotisable » et d’en déduire à l’avance qu’une prise en charge sera efficace ou inutile. La suggestibilité hypnotique est une variable réelle, mais elle ne résume pas à elle seule l’ensemble de l’expérience hypnotique ni la réussite d’un accompagnement thérapeutique. (⁠PubMed)


C’est finalement une bonne nouvelle. Vous n’avez pas besoin d’être particulièrement imaginatif, de vous sentir partir, de ne plus entendre le thérapeute ou d’avoir l’impression de perdre le contrôle. Vous n’avez pas non plus besoin de croire à une force mystérieuse appelée « hypnose ».

Une séance d’hypnose est avant tout une expérience à laquelle vous participez. Le thérapeute peut guider votre attention, utiliser des suggestions et proposer différentes manières d’explorer votre expérience. Mais le changement n’est pas quelque chose qui se produit simplement « sur vous ».


Vous êtes présent dans le processus et c’est probablement l’un des aspects les plus intéressants de l’hypnose : il ne s’agit pas de vous retirer votre capacité d’agir, mais au contraire de vous permettre de l’utiliser différemment.


L’hypnose n’est donc pas une question de savoir si vous êtes suffisamment réceptif pour laisser quelqu’un agir sur vous. La question est plutôt de savoir comment vous pouvez, avec l’aide d’un thérapeute, utiliser votre attention, votre expérience et vos propres capacités pour travailler sur ce que vous souhaitez changer.



Michaël Servage

Commentaires


d410d6b6-471f-44a4-9e10-81786bdc80f1.png
calendrier

Prenez rendez-vous dès aujourd'hui pour

un premier échange

Prêt à avancer ?

✉️ Inscrivez vous et restez informés

© 2026 par- Michaël Servage | Hypnothérapie

Tous droits réservés 

bottom of page