
Traumatismes
revenir ici et maintenant...
Reprendre pied après l’épreuve
Certains événements se terminent sans vraiment sembler appartenir au passé.
Vous savez rationnellement que c’est fini, que vous êtes ici, aujourd’hui, et pourtant une image, une sensation, un bruit, une situation ou parfois quelque chose de difficile à identifier suffit à provoquer une réaction particulièrement intense.
Le corps se tend. Le cœur accélère. Une peur apparaît. Certaines personnes revivent des images ou des sensations, d’autres évitent tout ce qui pourrait leur rappeler ce qu’elles ont traversé. Il arrive aussi que l’on se sente constamment sur ses gardes, émotionnellement détaché ou simplement différent de la personne que l’on était auparavant.
Ces réactions ne signifient pas que vous devriez « passer à autre chose » ou que vous manquez de volonté. Après une expérience particulièrement menaçante ou bouleversante, certains mécanismes de protection peuvent continuer à se déclencher alors même que le danger n’est plus présent.
L’objectif de l’accompagnement est de vous aider à retrouver progressivement davantage de sécurité face à ces réactions, sans vous demander d’effacer ce qui s’est passé.

Comprendre le traumatisme
Un événement potentiellement traumatique ne provoque pas les mêmes conséquences chez tout le monde. Son impact dépend de nombreux facteurs : la nature de l’événement, sa durée, le sentiment de contrôle ou d’impuissance, les expériences antérieures, le soutien disponible après l’événement et la manière dont celui-ci a été vécu par la personne.
Après certaines expériences, des réactions peuvent persister : souvenirs intrusifs, cauchemars, évitement, hypervigilance, anxiété, réactions corporelles intenses ou sentiment de détachement.
Parfois, ce qui déclenche ces réactions est évident. Dans d’autres situations, une odeur, une voix, un lieu, une sensation corporelle ou une ressemblance avec le contexte initial suffit à provoquer un état d’alerte sans que l’on comprenne immédiatement pourquoi.
Le problème n’est alors pas simplement de « se souvenir ». C’est la manière dont certains éléments associés à l’expérience continuent à provoquer des réactions dans le présent.
Le travail thérapeutique cherche progressivement à permettre au cerveau de mieux distinguer ce qui appartient au danger passé de ce qui se déroule réellement aujourd’hui.
Comment l’hypnose peut vous aider
L’hypnose peut être utilisée comme outil complémentaire dans l’accompagnement de certaines conséquences psychologiques d’un événement traumatique.
Elle permet notamment de travailler avec l’attention, l’imagerie mentale, les sensations corporelles et les réactions émotionnelles. Selon votre situation, l’objectif peut être de retrouver plus facilement un sentiment de sécurité, de mieux réguler certaines réactions ou de diminuer l’intensité avec laquelle certains déclencheurs sont vécus.
Une partie importante du travail consiste à vous permettre d’observer ce qui se passe sans être immédiatement submergé par l’expérience.
Nous pouvons par exemple travailler sur les sensations corporelles qui accompagnent une montée d’anxiété, utiliser l’imagerie mentale pour développer des repères de sécurité ou apprendre à déplacer volontairement l’attention lorsqu’elle reste entièrement captée par une menace anticipée.
Lorsque cela est pertinent, le travail peut également concerner certaines représentations associées à l’événement. Il ne s’agit pas de supprimer le souvenir, mais de chercher à modifier la réaction qu’il provoque aujourd’hui.
Le passé reste une partie de votre histoire. L’objectif est qu’il cesse progressivement de se comporter comme un danger qui serait encore en train de se produire.
Travailler sans devoir tout revivre
Parler d’un événement traumatique ne nécessite pas systématiquement d’en raconter chaque détail.
Certaines personnes souhaitent expliquer précisément ce qu’elles ont vécu. D’autres ne le souhaitent pas ou ne se sentent pas encore capables de le faire. L’accompagnement doit respecter cette différence.
Nous pouvons travailler à partir de ce qui se manifeste aujourd’hui : une peur, une sensation, une réaction, un évitement ou une situation particulière, sans nécessairement reconstruire toute l’histoire de l’événement.
Cette prudence est particulièrement importante avec l’hypnose. L’hypnose n’est pas un outil permettant de retrouver des souvenirs cachés ni de déterminer avec certitude si un souvenir est exact. Notre mémoire est reconstructive et peut être influencée par de nombreux facteurs, notamment la suggestion.
Le travail porte donc sur votre expérience actuelle et sur ce qui peut vous aider aujourd’hui, plutôt que sur la recherche d’une supposée vérité enfouie dans votre mémoire.
Retrouver de la sécurité dans le présent
Après certaines expériences, le sentiment de sécurité peut devenir fragile.
Même lorsque l’environnement est objectivement calme, une partie de l’attention continue à rechercher ce qui pourrait mal se passer. On surveille davantage les réactions des autres, les bruits, les sorties, certaines sensations corporelles ou tout élément susceptible d’annoncer un nouveau danger.
Cette vigilance a pu avoir une fonction essentielle au moment de l’événement. Lorsqu’elle persiste ensuite dans des situations qui ne présentent plus la même menace, elle peut devenir épuisante.
Le travail consiste alors à permettre progressivement au système d’alarme de retrouver davantage de souplesse : reconnaître une situation réellement dangereuse lorsqu’elle l’est, mais ne plus devoir réagir avec la même intensité à chaque élément qui ressemble de près ou de loin à ce qui s’est passé.
L’hypnose peut participer à cet apprentissage en permettant d’expérimenter, dans un cadre contrôlé, différentes sensations de stabilité, de distance et de sécurité.
Une approche progressive et personnalisée
Il n’existe pas un protocole unique applicable à toutes les personnes ayant vécu un événement traumatique.
Avant tout travail hypnotique, nous prenons le temps de comprendre ce que vous vivez actuellement, les difficultés qui vous affectent le plus et ce que vous souhaitez voir évoluer.
Le rythme est important. Chercher à confronter trop rapidement quelqu’un à une expérience particulièrement difficile n’est pas nécessairement utile et peut parfois être contre-productif.
L’accompagnement peut donc commencer par développer des outils de régulation émotionnelle, travailler sur certaines réactions corporelles ou renforcer votre capacité à revenir au présent lorsqu’une émotion devient trop intense.
Selon la nature et l’importance des symptômes, une prise en charge psychothérapeutique spécialisée dans le psychotraumatisme peut être nécessaire. L’hypnose peut alors s’intégrer à un accompagnement plus global plutôt que chercher à s’y substituer.
Et si le souvenir pouvait redevenir un souvenir ?
Guérir d’un traumatisme ne signifie pas oublier ce qui s’est passé.
Il ne s’agit pas non plus de considérer qu’un événement grave devrait finir par ne plus provoquer aucune émotion. Certaines expériences restent importantes et peuvent continuer à faire partie de notre histoire.
Le changement se situe ailleurs.
Pouvoir repenser à ce qui s’est passé sans avoir immédiatement l’impression de le revivre. Entrer dans une situation qui ressemblait autrefois au danger sans que tout le corps se mette automatiquement en alerte. Retrouver certaines activités, certaines relations ou simplement la possibilité de se projeter à nouveau dans l’avenir.
L’événement appartient à votre histoire, mais il n’a pas besoin de continuer à occuper tout votre présent.
L’hypnose peut participer à ce travail en vous aidant à retrouver progressivement davantage de sécurité, de souplesse et d’autonomie face aux réactions qui se sont installées après l’épreuve.