
Maladies
Se mettre dans les meilleures conditions...
Traverser la maladie, être accompagné
Lorsqu’une maladie entre dans une vie, elle ne touche pas uniquement le corps. Elle peut modifier le quotidien, bouleverser les repères, faire apparaître de nouvelles inquiétudes et transformer la relation que l’on entretient avec son propre corps.
Il y a les traitements, les rendez-vous, l’attente des résultats, parfois la douleur ou la fatigue. Mais il y a aussi tout ce qui se passe intérieurement : la peur de ce qui pourrait arriver, l’impression de perdre une partie de son autonomie, l’incertitude, les nuits plus difficiles ou simplement l’épuisement de devoir continuer à faire face.
Dans ce contexte, l’hypnose peut trouver sa place en complément du parcours médical, non pas pour traiter la maladie elle-même, mais pour accompagner certains symptômes et aider la personne à mieux traverser ce qu’elle vit.

Ce que l’hypnose peut apporter
L’hypnose est aujourd’hui utilisée dans différents contextes de soins, notamment pour certaines douleurs, l’anxiété associée aux interventions ou aux traitements et l’accompagnement de certains gestes médicaux.
Elle agit notamment sur l’attention, les perceptions et la manière dont une expérience est vécue. Cela permet de travailler sur des phénomènes qui peuvent sembler très physiques sans pour autant être indépendants du fonctionnement cérébral : la douleur en est probablement l’un des meilleurs exemples.
Selon votre situation, le travail peut donc porter sur la douleur, l’anxiété, l’anticipation d’un soin, certaines sensations inconfortables, le stress associé au parcours médical ou plus largement la manière de vivre cette période.
Les objectifs sont déterminés en fonction de ce que vous traversez et de ce qui peut raisonnablement être travaillé par l’hypnose.
Stress, peur et perte de repères
Une maladie peut faire apparaître une forme d’insécurité difficile à laisser au cabinet médical une fois le rendez-vous terminé.
On peut commencer à surveiller davantage son corps, s’inquiéter à chaque nouvelle sensation, anticiper les résultats d’un examen ou ressentir une tension particulière avant un traitement. Chez certaines personnes, l’incertitude devient elle-même extrêmement éprouvante.
L’hypnose peut permettre de travailler sur ces réactions en utilisant notamment l’attention, l’imagerie mentale et les sensations corporelles. L’objectif n’est pas de vous convaincre que tout ira nécessairement bien, mais de vous aider à ne pas vivre chaque étape dans un état permanent d’anticipation ou d’alerte.
Il peut également s’agir de retrouver des moments durant lesquels la maladie n’occupe plus tout l’espace mental, afin de préserver autant que possible les autres dimensions de votre vie.
La douleur : modifier l’expérience, pas nier ce que vous ressentez
La douleur est une expérience réelle. Elle résulte d’un processus complexe dans lequel interviennent les signaux corporels, mais également leur traitement par le système nerveux, l’attention, le contexte, les expériences antérieures et différents facteurs émotionnels et cognitifs.
C’est précisément parce que la douleur est construite et modulée par plusieurs mécanismes que l’hypnose peut, dans certaines situations, contribuer à en modifier l’expérience.
Le travail hypnotique peut notamment utiliser la focalisation de l’attention, l’imagerie mentale et des suggestions portant sur les sensations. Certaines personnes découvrent ainsi qu’une douleur peut changer de forme, devenir moins envahissante ou occuper moins de place dans leur attention.
L’objectif n’est pas nécessairement de faire disparaître toute sensation. Une diminution de l’intensité, de la gêne ou de la place occupée par la douleur peut déjà représenter un changement important dans le quotidien.
L’hypnose ne remplace évidemment ni le diagnostic de la cause d’une douleur ni les traitements antalgiques nécessaires. Elle peut s’intégrer parmi les différentes stratégies utilisées pour mieux la prendre en charge.
Mieux traverser certains soins
Une prise de sang, une injection, un examen, une intervention ou un traitement peuvent générer une anxiété importante, parfois indépendamment de leur gravité médicale.
Lorsque cette peur devient très forte, le corps peut réagir avant même que le soin commence : tension musculaire, accélération du rythme cardiaque, respiration plus rapide, nausée, impression de perdre ses moyens ou envie d’éviter complètement la situation.
L’hypnose peut alors être utilisée en préparation afin de travailler sur l’anticipation, l’attention et les réactions associées au soin.
Nous pouvons également utiliser l’imagerie mentale pour vous permettre de répéter intérieurement certaines étapes et développer des stratégies que vous pourrez ensuite réutiliser au moment du rendez-vous.
L’objectif est que vous puissiez arriver au soin avec davantage de repères et de possibilités d’action, plutôt qu’en ayant le sentiment de devoir simplement subir ce qui va se passer.
Accompagnement en fin de vie et soins palliatifs
Lorsque la guérison n’est plus l’objectif principal des soins, les besoins de la personne ne disparaissent évidemment pas. Le confort, la douleur, l’anxiété, le repos, la dignité et la qualité des moments vécus prennent au contraire une importance particulière.
Dans ce contexte, l’hypnose peut être envisagée comme un outil complémentaire permettant de travailler notamment sur certaines douleurs, l’anxiété ou la détente, lorsque l’état de la personne et l’équipe soignante le permettent.
L’accompagnement doit alors rester particulièrement respectueux de ce que souhaite la personne. Il ne s’agit pas d’imposer une manière « positive » de vivre la fin de vie, ni de chercher à faire disparaître des émotions parfaitement légitimes.
Parfois, l’objectif est beaucoup plus simple : rendre un moment un peu moins difficile, permettre quelques instants d’apaisement ou redonner à la personne une possibilité d’agir sur son expérience alors qu’une grande partie de son quotidien lui échappe.
Ce qui se passe en séance
La première étape consiste toujours à comprendre votre situation : ce que vous traversez, les traitements en cours, les symptômes qui vous posent problème et ce que vous attendez réellement de l’accompagnement.
Nous définissons ensuite un objectif suffisamment concret. Il peut s’agir de mieux traverser une douleur, de préparer un soin, de diminuer l’anxiété associée à un rendez-vous médical ou simplement de disposer d’un espace dans lequel votre maladie n’est pas abordée uniquement sous l’angle médical.
Le travail hypnotique est ensuite adapté à cet objectif. Selon les situations, nous pouvons utiliser des exercices attentionnels, des modifications imaginaires de certaines sensations, de l’imagerie mentale ou encore vous apprendre des techniques d’auto-hypnose que vous pourrez réutiliser de manière autonome.
L’objectif reste toujours le même : vous transmettre des outils utilisables dans votre réalité, en tenant compte de votre état de santé et du parcours de soins déjà en place.
Pour qui et quand ?
L’hypnose peut être envisagée à différents moments : pendant une période de traitement, dans la prise en charge de certaines douleurs, avant un soin particulièrement redouté ou dans l’accompagnement d’une maladie chronique.
Elle reste un accompagnement complémentaire. Un diagnostic, un traitement ou un suivi médical ne doit jamais être interrompu ou modifié sur la base d’un travail en hypnose. Lorsque cela est pertinent et avec votre accord, l’accompagnement peut également s’articuler avec les professionnels de santé qui vous suivent.
Cette complémentarité n’enlève rien à l’intérêt du travail réalisé en séance : elle permet simplement de concentrer l’hypnose sur les domaines dans lesquels elle peut réellement vous apporter quelque chose.
Et si vous retrouviez une part d’autonomie dans ce que vous traversez ?
La maladie impose parfois beaucoup de choses que l’on n’a pas choisies : des rendez-vous, des traitements, des examens, des contraintes et surtout une incertitude que personne ne peut complètement supprimer. Mais tout n’est pas nécessairement hors de votre portée.
Apprendre à modifier la manière dont vous traversez une sensation, mieux préparer un moment difficile, retrouver quelques instants d’apaisement ou disposer d’un outil que vous pouvez utiliser vous-même peut déjà changer profondément l’expérience de cette période.
L’hypnose ne promet pas de guérir la maladie. Elle peut en revanche vous aider à retrouver une marge d’action sur certaines des expériences qui l’accompagnent.